Les drones ont déjà plusieurs cordes à leur arc, notamment pour la livraison de colis ou bien dans le cadre de manœuvres militaires. Ces robots volants vont avoir une toute nouvelle fonction dès le mois prochain : surveiller et traquer la pollution maritime.

Un programme existant mais perfectible

89% de la pollution des mers est due aux fuites accidentelles de carburant ou au dégazage des gros navires. Pour surveiller les capitaines peu scrupuleux, l’Agence Européenne pour la Sécurité Maritime (EMSA) a mis en place en 2007 un programme de surveillance des eaux européennes nommé CleanSeaNet.

Il consiste en une analyse systématique des données fournies par les satellites, afin de repérer les traces d’hydrocarbures laissées par les bateaux incriminés. La puissance des satellites actuels permet de repérer une pollution sur une surface de 200 km par 300, ce qui a permis de réduire le nombre de pollution de moitié. Néanmoins, des efforts restent encore à faire : la carte ci-dessous répertorie les cas de pollution avérée dans les eaux françaises selon le Ministère de l’environnement.

Carte de la pollution maritime en France

Un partenariat franco-portugais

L’entreprise française CLS, qui a été chargée de la surveillance par le biais des drones, estime que six millions de tonnes de pétrole sont déversées en mer chaque année. Le programme CleanSeaNet ne représente que 25% des détections de pollution, le premier moyen de surveillance étant constitué par les aéronefs (qui détectent 27% des infractions). On comprend alors mieux pourquoi l’EMSA a lancé un appel d’offre en 2016 afin d’ajouter des drones à son programme de surveillance.

Ceux-ci sont produits par une entreprise portugaise nommée Tekever et remplissent un cahier des charges bien précis. Les engins doivent en effet pouvoir voler pendant huit à dix heures à une vitesse de 60 km/h. Pour remplir ces conditions, le choix a donc été porté sur des avions d’un peu plus de quatre mètres d’envergure qui ont besoin d’une piste pour décoller et atterrir.

Ils sont dotés d’un moteur thermique afin d’assurer l’autonomie nécessaire à leur mission, ainsi que d’un radar perfectionné utilisant la technologie Radar à Synthèse d’Ouverture (RSO). Celle-ci consiste à recréer une carte en trois dimensions en balayant plusieurs fois un même point, en vue d’obtenir des données plus précises et avec un rendu semblable à celui d’une antenne à très grande résolution. Enfin, le drone est également doté d’un pointeur laser qui lui permettra de lire plus aisément le nom du bateau et son immatriculation, ainsi qu’un «dispositif de transmission de données à très haut débit».

Drone Tekever

La mise en service du programme de surveillance doit débuter à la fin du mois de février 2017. L’EMSA souhaiterait lancer dans un premier temps cinq missions de surveillance en concomitance : pour cela, l’agence devra déployer une camionnette transportant le dispositif au sol avec une ou plusieurs machines dans un délai maximum d’un mois.

Des difficultés législatives sont à prévoir, de par la circulation du drone d’un pays à l’autre nécessitant des autorisations de vol auprès des autorités locales, ainsi que la mobilisation d’un personnel : pilote, mécanicien et opérateur.

Des drones pour lutter contre la pollution maritimehttps://k-actus.net/wp-content/uploads/2017/01/drone-tekever-surveillance.jpghttps://k-actus.net/wp-content/uploads/2017/01/drone-tekever-surveillance-300x300.jpgMarionAKtualitésNouvelles TeKnologiesdrone,Europe,pollution maritime,surveillance,Tekever
Les drones ont déjà plusieurs cordes à leur arc, notamment pour la livraison de colis ou bien dans le cadre de manœuvres militaires. Ces robots volants vont avoir une toute nouvelle fonction dès le mois prochain : surveiller et traquer la pollution maritime. Un programme existant mais perfectible 89% de la pollution...