Le célèbre physicien britannique nous a quittés ce matin à son domicile de Cambridge. Un hommage à sa disparition est unanimement rendu par la communauté scientifique et des personnalités du monde entier.

Un esprit brillant

Stephen Hawking est reconnu comme l’un des esprits les plus brillants du XXe siècle grâce à ses travaux sur le temps et l’espace. Au milieu des années 1960, il confirme notamment la théorie de la relativité d’Albert Einstein en affirmant l’existence d’un début (le Big Bang) et d’une fin (les trous noirs) pour l’espace et le temps. Il découvre également que les trous noirs émettent un rayonnement, ce qui va à l’encontre de l’avis de la communauté scientifique de l’époque. Ce rayonnement est baptisé rayonnement de Hawking et possède deux particularités :

  • Tout d’abord, il renvoie des particules dans l’espace, ce qui contredit l’image d’un corps absorbant toute matière.
  • Le phénomène se solde par une évaporation quantique qui l’amène à disparaître dans un flash d’énergie pure.

Il revient sur sa théorie des trous noirs en 2004 lors de la 17e Conférence internationale sur la relativité générale et la gravitation de Dublin. Alors qu’il considérait qu’une information entrant dans un trou noir est perdue (ce que l’on appelle le théorème de calvitie), il émet l’hypothèse selon laquelle l’information contenue dans la matière avalée passerait bien, mais de façon désordonnée.

Avec son ami mathématicien Roger Penrose, il met au point à la fin des années 1960 un modèle mathématique complexe et basé sur cette théorie pour confirmer l’existence de singularités, des événements nécessitant un nombre précis de circonstances pour exister. Il démontre également que celles-ci sont loin d’être des cas rares et qu’elles relèvent plutôt de la généralité en physique.

Parmi ses autres travaux, Hawking démontre l’existence des trous de vers, des fluctuations quantiques qui permettent de traverser l’espace-temps à la manière d’un raccourci. Ce concept est depuis régulièrement réutilisé dans la science-fiction, bien que leur existence à une échelle macroscopique n’ait pas encore été confirmée.

Vivre avec la maladie

La silhouette de Stephen Hawking était devenue iconique au fil des années : le scientifique était atteint de sclérose latérale amyotrophique (plus familièrement appelée la maladie de Charcot), une neurodégénérescence qui atteint l’ensemble des muscles du corps jusqu’à leur complète paralysie. Diagnostiqué en 1964 à l’âge de 22 ans, Hawking connaît des périodes au cours desquelles les symptômes se stabilisent et d’autres avec de grandes aggravations. En 1974, il est incapable de se mouvoir et de se nourrir par lui-même tandis que son élocution est fortement altérée. En 1985, il contracte une pneumonie qui l’amène à subir une trachéotomie afin de mieux respirer. Il ne peut dès lors plus s’exprimer à la voix. Un informaticien californien, Walt Waltosz, met alors au point un dispositif à l’aide d’un synthétiseur vocal et d’un ordinateur lui permettant de taper des messages pour s’exprimer. Lorsqu’il perd l’usage de ses mains en 2001, le système utilise un capteur infrarouge fixé sur la branche de ses lunettes qui détecte le mouvement de ses joues et d’une tablette sur laquelle est situé un clavier virtuel qui balaie en permanence les lettres de l’alphabet. Enfin, suite à l’aggravation de son cas en 2009, Intel met au point une interface de contrôle basée sur le mouvement de ses sourcils et de ses lèvres.

 

La forme de SLA contractée par Hawking est rare de par sa précocité et son évolution lente : on estime en effet que 50 % des cas se terminent par un décès dans les trois ans après le début de la maladie. C’est cette raison qui explique notamment que Hawking ait d’abord abandonné sa thèse de doctorat en physique après avoir été diagnostiqué. Au final, il a vécu 54 ans avec la maladie de Charcot. Son origine est encore inconnue, bien que les chercheurs aient plusieurs hypothèses qui ne sont pas encore confirmées. La SLA possède une forme sporadique, la plus commune, qui pourrait être liée à l’exposition aux pesticides agricoles, des traumatismes physiques importants ou encore le tabac, bien qu’aucune étude n’ait confirmé de lien  grande échelle entre ces causes et l’apparition de la maladie. Les SLA génétiques sont plus rares et concernent 5 à 10% des cas recensés : les scientifiques envisagent ainsi des mutations de gène pour expliquer son apparition.

La rédaction se joint aux nombreux autres hommages rendus à Stephen Hawking, esprit brillant et fan de pop culture qui avait fait plusieurs apparitions dans des séries comme Star Trek ou The Big Bang Theory.

Stephen Hawking est décédé à l'âge de 76 anshttps://k-actus.net/wp-content/uploads/2018/03/stephen-hawking.jpghttps://k-actus.net/wp-content/uploads/2018/03/stephen-hawking-300x300.jpgMarionAKtualitésmaladie de Charcot,Stephen Hawking,théorie de la relativité générale,trous de vers,trous noirs
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