« Qu’aurais-tu fait à ma place » a été créée suite à une étude sur la santé des étudiant(e)s afin de sensibiliser ces derniers aux enjeux de la santé mentale.

Les jeunes en proie au suicide

Selon une étude publiée en début d’année par l’Observatoire National du Suicide (ONS), ce dernier est la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans après les accidents de la route. On recense une mort liée au suicide toutes les heures en France, pour un total de 8 900 décès en 2014, toutes catégories confondues. La population étudiante est particulièrement vulnérable : selon une autre étude menée par i-Share sur les universités de Bordeaux, Versailles et Paris-Saclay, plus d’un cinquième des étudiants ont eu des pensées suicidaires dans l’année, dont 4% pour qui ces pensées étaient fréquentes. Parmi ces jeunes, seulement la moitié en a parlé à ses proches (un sur trois à un médecin) et 30% d’entre eux ont été pris en charge.

La question du suicide souffre pourtant de nombreux préjugés qui peuvent compliquer la prévention et le diagnostic. Le professeur Christophe Tzourio, épidémiologiste, déclare à ce sujet :

[B]eaucoup de jeunes sont dans le déni et il y a beaucoup d’idées totalement fausses autour de cette question. […] [L]es gens qui se suicident ont tous, d’une façon ou d’une autre, prévenu leur entourage.

Une série immersive

Il est donc important de savoir reconnaître les signes afin de prévenir le passage à l’acte dans son entourage. Pour sensibiliser la population étudiante mais aussi leurs proches, une mini web-série composée de séquences de trois minutes chacune a été créé par un ensemble de bénévoles. On retrouve ainsi l’interne Marine Quéroué à l’écriture du scénario, à la réalisation et à la direction d’acteurs. Ces derniers sont tous étudiants et amateurs. Elle explique le choix d’un tel format :

« [La mini-série]permet d’impliquer au maximum le spectateur dans l’histoire » [afin qu’] « il puisse se mettre à la place du personnage. Car si on fait appel à l’émotion, le message passe mieux ». [D]onner des arguments scientifiques [ne suffit pas].

La série suit le parcours de Laura et Lucas, deux étudiants à qui tout semble sourire. À la fin de chaque séquence, le spectateur ou la spectatrice doit effectuer un choix qui aura des conséquences sur la suite des événements. Marine Quéroué explique que la série vise à toucher le plus grand nombre de personnes :

Cette mini-série s’adresse autant à la personne en souffrance qu’à l’aidant. Quand quelqu’un va mal, il ne faut pas hésiter à lui en parler et aborder la question, oser prononcer le mot de suicide.

La mini-série, d’une durée total de 20 minutes, utilise un format court qui délivre son message efficacement. Alors que l’on pourrait s’attendre à une ambiance pesante, la série reste relativement légère, ce qui rend le message tout aussi efficace car plus subtile. Il faudra donc prêter attention aux signes avant-coureurs d’un état dépressif pouvant mener au suicide. Je vous invite grandement à tester cette série à la fois courte et efficace, et que vous pouvez refaire plusieurs fois afin de tester les différents embranchements !

Une web série interactive pour prévenir le suicide étudianthttps://k-actus.net/wp-content/uploads/2018/10/Sante-etudiante.jpghttps://k-actus.net/wp-content/uploads/2018/10/Sante-etudiante-300x300.jpgMarionAKtualitésétudiants,i-Share,jeunes,Marine Quéroué,prévention,Qu'aurais-tu fait à ma place,suicide,web-série
'Qu'aurais-tu fait à ma place' a été créée suite à une étude sur la santé des étudiant(e)s afin de sensibiliser ces derniers aux enjeux de la santé mentale. Les jeunes en proie au suicide Selon une étude publiée en début d'année par l'Observatoire National du Suicide (ONS), ce dernier est la...