Parmi les trois lauréats figurent un français, Yann LeCun. Il s’agit du deuxième Français à recevoir la prestigieuse récompense.

Un prix prestigieux

Le prix Turing tient son nom du cryptologue et mathématicien Alan Turing, qui est notamment à l’origine du test de Turing. Celui-ci permet d’identifier la présence d’une intelligence artificielle, par le biais d’une conversation à l’aveugle entre un observateur humain, et de l’autre côté un autre humain et une machine. Si l’observateur n’est pas capable de distinguer lequel de ses interlocuteurs est une machine, celle-ci a passé le test avec succès. Ce test est un précurseur dans le domaine de l’intelligence artificielle, car décrit en 1950, alors que celui-ci ne connaîtra son essor qu’à partir des années 1980.

Créé en 1966, le prix Turing récompense chaque année une ou plusieurs personnalités ayant permis une « avancée technique majeure et durable » dans la science informatique. En 2017, c’est Tim Berners-Lee, créateur du World Wide Web, qui s’était vu décerner ce prix. Cette année, ce sont trois chercheurs qui sont récompensés. Le premier, Geoffrey Hinton (à gauche), est un chercheur britannique travaillant au Canada depuis de nombreuses années. Le second, Yoshua Bengio (au centre), est canadien. Enfin, le Français Yann LeCun (à droite) fait également partie des lauréats ! Il s’agit du second Français à recevoir cette récompense, après Joseph Sifakis du CNRS en 2007 pour ses travaux sur les systèmes embarqués critiques.

Un travail de longue haleine

Tous trois ont œuvré pendant de nombreuses années sur la mise au point d’une nouvelle approche de l’intelligence artificielle que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de deep learning. Il prend comme inspiration le cerveau humain à l’aide d’un réseau de neurones artificiels : grâce à une énorme quantité de données que le système va analyser, il peut ensuite apprendre d’une situation et finir par la maîtriser. Le deep learning est actuellement très populaire auprès des géants du web comme Google et Facebook. Les IA comme DeepMind ou Libratus peuvent aujourd’hui battre des joueurs humains à des jeux en ligne, battre des joueurs de poker professionnels ou encore détecter des maladies de façon plus fiable qu’un être humain.

Pourtant, ce travail a longtemps été entravé par les limites techniques de l’époque qui empêchaient de transposer leurs réseaux de neurones à d’autres domaines. L’avènement des algorithmes et du Big Data, ainsi que l’augmentation de la puissance de calcul des machines leur permet de connaître un renouveau dans leurs travaux au début des années 2000. Les trois lauréats recevront leur prix le 15 juin prochain à San Francisco, lors du dîner annuel de l’Association for Computing Machinery (ACM) à l’origine de cette distinction.

Découvrez les lauréats du prix Alan Turinghttps://k-actus.net/wp-content/uploads/2019/03/prix-turing-2019-laureats.jpghttps://k-actus.net/wp-content/uploads/2019/03/prix-turing-2019-laureats-300x300.jpgMarionNouvelles TeKnologiesAlan Turing,deep learning,Geoffrey Hinton,Intelligence artificielle,Prix Turing,Yann LeCun,Yoshua Bengio
Parmi les trois lauréats figurent un français, Yann LeCun. Il s'agit du deuxième Français à recevoir la prestigieuse récompense. Un prix prestigieux Le prix Turing tient son nom du cryptologue et mathématicien Alan Turing, qui est notamment à l’origine du test de Turing. Celui-ci permet d’identifier la présence d’une intelligence artificielle,...